Le compte à rebours a commencé pour Laurent GABAROUM, ce cadre d’ascendance africaine que la société Renault discrimine depuis quarante-six ans.

JMTV + a réalisé plusieurs émissions sur cette affaire que je vous invite à voir et à revoir pour vous faire une idée du calvaire infligé à cet homme en raison de sa couleur de peau.

Pour mémoire et de manière non exhaustive Monsieur Laurent GABAROUM s’est vu contester la légitimité de sa nationalité française par la société Renault au motif que « la poule n’a jamais pondu d’œufs noirs ».

Ainsi, la société Renault lui a imposé un retour forcé en Afrique pour une reconversion aux métiers de l’agriculture pour « aider à nourrir ses frères africains qui crèvent la faim ».

De retour en France, Monsieur Laurent GABAROUM a été mis au placard sans poste de travail effectif, alors que le niveau de responsabilité, le niveau de rémunération et le calcul de la partie variable de sa rémunération dépendent du poste de travail et de ses missions principales.

Au terme d’un long combat judiciaire initié en mars 2003 afin de faire reconnaitre la discrimination raciale dont il a été victime au sein de la Société RENAULT depuis 1982, Monsieur GABAROUM après avoir épuisé les voies de droit internes a introduit le 19 mars 2012 une requête devant le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).

Sa requête visant la discrimination dans l’accès à l’emploi, le droit à l’égalité de traitement devant les tribunaux et autres autorités judiciaires, la protection et les voies de recours effectives contre un acte de discrimination raciale, une justice équitable a été déclarée recevable par le CERD.

Après que les parties ont fait connaitre contradictoirement leurs arguments, le CERD a adopté le 10 mai 2016 une opinion énonçant que « les faits dont il est saisi font apparaitre une violation des articles 2 et 6 de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale ».

C’est dans ces conditions que Monsieur Laurent GABAROUM a saisi le gouvernement français et la société Renault afin qu’il soit tiré toutes les conséquences de droit de la décision émise en sa faveur par le CERD, à savoir être indemnisé des chefs suivants :

  • préjudice physique et psychologique
  • occasions perdues en ce qui concerne l’emploi
  • dommages matériels et perte de revenus
  • dommage moral
  • frais encourus pour l’assistance en justice
  • et obtenir la garantie que de telles violations des droits de l’homme ne se répéteront pas

Par courrier en date du 18 décembre 2020, la société Renault a sollicité de l’inspection du travail des Hauts de Seine l’autorisation de procéder à la mise à la retraite de Monsieur Laurent GABAROUM, en raison de son statut de salarié protégé, ce qui lui a été refusé.

Par courrier en date du 20 avril 2021, la société Renault a formé un recours hiérarchique auprès de Madame la Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion.

Par courrier recommandé, avec accusé de réception, en date du 19 juillet 2021, la Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a autorisé la société Renault à procéder à la mise à la retraite de Monsieur Laurent GABAROUM sans régulariser au préalable sa situation, en méconnaissance des conséquences de droit résultant de l’Opinion adoptée le 10 mai 2016 par le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale et au mépris des textes internationaux et nationaux de lutte contre les discriminations.

En réplique, Monsieur Laurent GABAROUM a refusé de liquider sa retraite en faisant valoir que la décision de Madame la Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion est entachée de discrimination raciale et donc frappée de nullité de sorte qu’elle ne saurait lui être opposable en droit.

Un bras de fer qui annonce de sérieux empoignades dans les jours à venir, Laurent GABAROUM étant déterminé à s’opposer par tous moyens légaux au racisme d’Etat comme il le confirme à JMTV+

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